Sujet de dissertation 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Amérique du Sud 2025 (jour 1)
Thème : Le défi de la construction de la paix : traités de Westphalie et sécurité collective · Tiré du sujet Jour 1 (2025)
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Sujet de dissertation 1
Pourquoi est-il plus difficile de construire la paix lorsque les guerres prennent des formes irrégulières ?

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Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Pourquoi est-il plus difficile de construire la paix lorsque les guerres prennent des formes irrégulières ?
Réponse : Proposition d'un plan détaillé et éléments de réponse attendus : Introduction : - Accroche : Depuis la fin de la guerre froide, la conflictualité évolue : les conflits asymétriques et hybrides se multiplient (Sahel, Afghanistan, Irak, Syrie). - Définitions : - *Guerre irrégulière :* conflit asymétrique où au moins un belligérant est un acteur non étatique (guérilla, groupe terroriste, milice). Cet acteur refuse le combat frontal classique et ne respecte pas le droit de la guerre. - *Paix :* d'abord absence de combats (paix négative), puis réconciliation durable fondée sur la justice et des institutions stables (paix positive selon Johan Galtung). - Problématique : En quoi la nature diffuse et non étatique des guerres irrégulières rend-elle inopérants les modes traditionnels de règlement des conflits et fragilise-t-elle la pérennisation de la paix ? - Annonce du plan : 1. L'inadaptation des mécanismes traditionnels de paix face à des acteurs non étatiques. 2. Les obstacles opérationnels et juridiques posés par l'asymétrie et la terreur. 3. La difficulté d'instaurer une paix positive. I. L'inadaptation des cadres classiques de la diplomatie et des traités de paix : - *Le modèle westphalien dépassé :* - Depuis 1648, la paix repose sur la négociation entre États souverains : traités, armistices, ONU. - Dans une guerre irrégulière, l'interlocuteur est diffus et non étatique. Il est souvent qualifié de terroriste, et les États refusent publiquement de négocier avec lui. - *Absence de chaîne de commandement claire :* - Les groupes armés se fragmentent et les dissidences se multiplient. - Tout cessez-le-feu devient donc partiel ou instable : accord d'Alger de 2015 au Mali, dissidents des FARC après l'accord de 2016 en Colombie. - *Absence de victoire décisive :* Il n'y a ni capitulation ni fin nette des hostilités. La guerre s'enlise, comme en Afghanistan entre 2001 et 2021. II. Les défis posés par les méthodes irrégulières (asymétrie, terreur, clandestinité) : - *Ennemi invisible et hybride :* - Les combattants sont imbriqués dans les populations civiles. - Ils mènent une guerre d'usure et recourent à la terreur et aux attentats (Al-Qaïda, Daech). - *Dilemme de la réponse militaire et du droit :* - La contre-insurrection entraîne des dommages collatéraux et parfois des violations du droit international humanitaire. - Ces violences alimentent le ressentiment et le recrutement, ce qui perpétue le cycle de violence. - *Économie de prédation :* - Les groupes se financent par des trafics (drogue, armes, otages, contrebande). - La guerre devient plus rentable que la paix pour certains acteurs. - *Internationalisation :* Les acteurs extérieurs (puissances régionales, sponsors) multiplient les intérêts contradictoires et compliquent les médiations, comme en Syrie ou en Libye. III. De la cessation des combats à la paix positive : des obstacles structurels majeurs : - *L'idéologie absolue :* - Les groupes djihadistes n'ont pas d'objectifs négociables dans l'ordre international existant. - Leurs fins sont idéologiques ou eschatologiques, ce qui exclut tout compromis. - *Difficulté de la réconciliation et de la justice transitionnelle :* - Les violences contre les civils et les fractures identitaires ou communautaires sont profondes. - Il est difficile de concilier justice et amnistie : la JEP en Colombie, les gacaca au Rwanda en sont des exemples. - *Le défi de la reconstruction de l'État :* - Les guerres irrégulières prospèrent sur des États faillis. - La paix exige de restaurer la souveraineté, les services publics et la légitimité politique. - Les opérations de maintien de la paix (MINUSMA) et le *state-building* imposé de l'extérieur ont souvent échoué, comme en Afghanistan. - *Le DDR (désarmement, démobilisation, réintégration) des combattants :* Sans perspectives économiques, les ex-combattants risquent de retourner aux armes. Conclusion : - Bilan : La paix est plus difficile à construire dans les guerres irrégulières pour trois raisons : - les acteurs sont non étatiques et fragmentés ; - leurs méthodes brouillent la frontière entre combattants et civils et entretiennent la violence ; - la paix durable suppose de traiter les causes profondes du conflit (État défaillant, injustices, économies de guerre). - Ouverture : Une approche globale associant sécurité, développement, gouvernance et réconciliation, ainsi que l'implication des acteurs locaux, peut-elle offrir une réponse ? Les échecs au Sahel et en Afghanistan invitent à la prudence.
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