Dissertation 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Amérique du Sud 2022 (jour 1)
Thème : La Chine : à la conquête de l'espace, des mers et des océans · Tiré du sujet Jour 1 (2022)
Énoncé
Dissertation 2
La conquête de l'espace, des mers et des océans: un outil de l'affirmation de la puissance chinoise face au reste du monde ?
Il est attendu du candidat une composition argumentée comprenant une introduction (accroche, définition des termes, problématisation et annonce du plan), un développement structuré en plusieurs parties équilibrées, et une conclusion.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
La conquête de l'espace, des mers et des océans : un outil de l'affirmation de la puissance chinoise face au reste du monde ?
Réponse : Proposition de plan détaillé et éléments de contenu : Introduction - Accroche : Assemblage de la station spatiale Tiangong (2021-2022), alunissage de la sonde Chang'e 4 sur la face cachée de la Lune (2019) et lancement (mise à l'eau) du troisième porte-avions chinois *Fujian* (2022). - Définition des termes : La « conquête » renvoie à l'exploration, l'appropriation et l'exploitation de nouveaux espaces, géographiques et technologiques (mers et océans, espace extra-atmosphérique). La « puissance » est la capacité d'un État à imposer sa volonté et à influencer les autres acteurs (J. Nye : *hard power* et *soft power*). Pour la Chine, elle s'inscrit dans le « rêve chinois » de Xi Jinping : redevenir une puissance de premier rang d'ici le centenaire de la RPC en 2049. - Problématique : Comment la Chine fait-elle des mers, des océans et de l'espace des leviers de l'affirmation de sa puissance globale face aux États-Unis et au reste du monde, et quelles tensions cette stratégie engendre-t-elle ? - Annonce du plan : I. Des espaces au service du développement et du prestige chinois ; II. Des outils de projection stratégique et militaire ; III. Une affirmation source de tensions et de rivalités. I. La maîtrise des mers et de l'espace au service du développement et du statut international de la Chine - A. La maritimisation de l'économie : « atelier du monde », grands ports (Shanghai, Ningbo-Zhoushan, Shenzhen), flotte marchande et chantiers navals de premier rang, sécurisation des routes maritimes (détroit de Malacca, hydrocarbures du Golfe), « Routes de la soie maritimes » (Le Pirée, Gwadar, Hambantota, Djibouti). - B. L'espace, vitrine technologique et outil de souveraineté : vols habités Shenzhou (2003), station Tiangong, programme lunaire Chang'e (retour d'échantillons de la face cachée avec Chang'e 6, 2024), mission martienne Tianwen-1 (2021), système Beidou indépendant du GPS américain. - C. Un instrument de fierté nationale et de soft power : discours de revanche sur le « siècle des humiliations », coopération spatiale avec les pays du Sud, offre de lancements et de satellites. II. Un déploiement stratégique et militaire pour contester la suprématie des puissances établies - A. La montée en puissance de la marine de l'APL : première marine du monde en nombre de navires, flotte de haute mer, porte-avions (Liaoning, Shandong, Fujian), SNLE, première base à l'étranger à Djibouti (2017), stratégie dite du « collier de perles ». - B. La territorialisation des mers : revendications de la « ligne en neuf traits » en mer de Chine méridionale, poldérisation et militarisation d'îlots (Spratleys, Paracels), stratégie de déni d'accès (A2/AD), contestation de la ZEE de ses voisins. - C. La militarisation et l'appropriation de l'espace : test antisatellite (2007), satellites militaires, projet de base lunaire (ILRS avec la Russie), intérêt pour les ressources spatiales et les grands fonds marins (nodules polymétalliques). III. Une affirmation source de tensions régionales et de rivalités globales - A. L'opposition des voisins : Philippines (arbitrage de la CPA de 2016 rejeté par Pékin), Vietnam, Japon (îles Senkaku/Diaoyu), question de Taïwan et pression militaire dans le détroit. - B. La riposte des États-Unis et de leurs alliés : opérations de liberté de navigation, stratégie indo-pacifique, Quad, alliance AUKUS (2021), accords Artemis face au projet sino-russe ILRS : un nouveau « duel » de puissances. - C. Des limites et des fragilités : dépendance aux détroits (« dilemme de Malacca »), image ternie par la « diplomatie de la dette » et les pratiques de pêche illégale, débris spatiaux (retombées de lanceurs Longue Marche), retard persistant sur certaines capacités américaines (bases, expérience opérationnelle, alliances). Conclusion - Bilan : Mers, océans et espace sont devenus pour la Chine des outils majeurs d'affirmation de puissance : développement économique, prestige technologique, projection militaire et contestation de l'ordre dominé par les États-Unis. - Nuance : Cette affirmation suscite des résistances régionales et une recomposition des alliances qui en limitent la portée. Elle se heurte aussi à des fragilités propres. - Ouverture : La rivalité sino-américaine pour les nouveaux espaces (Arctique, fonds marins, Lune) annonce-t-elle une nouvelle guerre froide, ou peut-elle déboucher sur une gouvernance partagée de ces « communs » ?
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