Exercice 2 - Dissertation n°3 · Bac Français (1ère) Amérique du Sud session normale 2025
Thème : Dissertation – Sarraute, Pour un oui ou pour un non / parcours : théâtre et dispute · Tiré du sujet Session normale (2025)
Énoncé
Dissertation n°3
Œuvre: Nathalie Sarraute [1900-1999], Pour un oui ou pour un non.
Parcours: Théâtre et dispute.
Sujet: « C’est un combat sans merci. Une lutte à mort. », affirme l’un des protagonistes de Pour un oui ou pour un non.
Cette citation éclaire-t-elle votre lecture de la pièce de Nathalie Sarraute ?
Vous répondrez à cette question dans un développement organisé. Votre réflexion prendra appui sur l’œuvre de Nathalie Sarraute au programme, sur le travail mené dans le cadre du parcours associé à cette œuvre et sur votre culture personnelle.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Cette citation éclaire-t-elle votre lecture de la pièce de Nathalie Sarraute ?
Réponse : Proposition d'organisation et axes d'analyse : Introduction : - Accroche : Dans le théâtre traditionnel, la dispute met en jeu des intérêts majeurs, des passions violentes ou des affrontements physiques. Chez Nathalie Sarraute, l'action dramatique est déclenchée par un événement infime, un silence suspendu ou une intonation (« C'est bien... ça »). - Analyse du sujet : La formule prononcée par l'un des personnages recourt au lexique épique et tragique (« combat sans merci », « lutte à mort »). Le contraste est saisissant entre la futilité apparente du point de départ (« pour un oui ou pour un non ») et la radicalité du vocabulaire belliqueux. - Problématique : Dans quelle mesure la dispute sarrautienne, bien qu'ancrée dans l'impalpable et le microscopique, constitue-t-elle un affrontement existentiel d'une violence absolue où la survie psychique de chaque être est en jeu ? - Annonce du plan : 1. Une dispute en apparence dérisoire qui semble contredire l'idée d'un véritable combat sanglant. 2. Une guerre souterraine et impitoyable menée à coups de sous-conversation et de tropismes. 3. Un enjeu ontologique : le langage comme arme et la lutte pour préserver sa propre intégrité contre le regard aliénant de l'autre. Développement : - Axe 1 : Le décalage comique ou absurde face au lexique guerrier - L'absence d'enjeux matériels ou dramatiques habituels : H.1 et H.2 se déchirent sans objet tangible. - Le caractère ridicule et obsessionnel des griefs reprochés, proche d'une querelle d'enfants ou d'une parodie théâtrale. - Les tentatives de médiation et le recours dérisoire aux voisins témoins. - Axe 2 : La mise au jour des tropismes et la violence des mots - Les mots sont de véritables projectiles invisibles : une inflexion de voix (« C'est bien... ça ») est vécue comme une agression intolérable. - La notion de « sous-conversation » : sous les formules polies se déroule un assassinat psychologique continu. - Les métaphores de prédation (être piétiné, écrasé, dominé) attestent de la réalité vécue de ce « combat ». - Axe 3 : Une lutte à mort pour l'identité et la reconnaissance - Deux visions du monde irréconciliables : l'un revendique la réussite sociale et le conformisme, l'autre refuse d'être enfermé dans une case et protège son intériorité. - Le risque de mort symbolique : accepter le point de vue de l'autre revient à s'annihiler. - L'impasse tragique de la dispute : la séparation ou le repli solitaire est la seule issue pour échapper à la destruction mutuelle. Conclusion : - Bilan : La formule n'est pas une simple hyperbole rhétorique ; elle nomme la tragédie secrète de la communication humaine selon Sarraute, où le moindre échange verbal engage l'existence entière des protagonistes.
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