Exercice 2 - Dissertation n°1 · Bac Français (1ère) Amérique du Sud session normale 2025

Thème : Dissertation – Corneille, Le Menteur / parcours : mensonge et comédie · Tiré du sujet Session normale (2025)

Énoncé

2- Dissertation (20 points)

OBJET D'ÉTUDE: Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle

Le candidat traite au choix, compte tenu de l'œuvre et du parcours étudiés durant l'année, l'un des trois sujets suivants:

Dissertation n°1:

Œuvre: Pierre Corneille [1606-1684], Le Menteur.

Parcours: Mensonge et comédie.

Sujet: Selon vous, dans la pièce de Corneille, Le Menteur, les mensonges n'ont-ils pour effet que le rire ?

Vous répondrez à cette question dans un développement organisé. Votre réflexion prendra appui sur l'œuvre de Corneille au programme, sur le travail mené dans le cadre du parcours associé à cette œuvre et sur votre culture littéraire.

Énoncé: Exercice 2 - Dissertation n°1 · Bac Français (1ère) Amérique du Sud session normale 2025

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Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Selon vous, dans la pièce de Corneille, Le Menteur, les mensonges n'ont-ils pour effet que le rire ?

Réponse : Proposition d'axes pour une dissertation dialectique ou analytique : Introduction - Accroche : Dans *Le Menteur* (1644), inspiré de *La verdad sospechosa* d'Alarcón, Pierre Corneille renouvelle la comédie française. Il place au centre de l'intrigue Dorante, un jeune homme hâbleur qui arrive de Poitiers et dont l'invention verbale constante bouleverse l'ordre social et amoureux. - Problématique : Les fabulations de Dorante sont le moteur comique incontestable de la pièce. Mais leurs effets se limitent-ils au rire du spectateur, ou révèlent-ils des enjeux moraux, sociaux et esthétiques plus profonds ? - Annonce du plan : On montrera d'abord que le mensonge est la source principale d'un comique varié et jubilatoire. On verra ensuite qu'il sert d'instrument critique des mœurs et des faux-semblants mondains. Il constitue enfin une véritable célébration poétique du pouvoir de la parole et de l'illusion théâtrale. Axe I. Le mensonge comme moteur premier du rire et du divertissement 1. Le comique de situation et de caractère : Dorante invente le festin imaginaire sur l'eau et le duel fictif contre Alcippe. Il confond aussi Clarice et Lucrèce. Ces inventions créent des quiproquos en cascade et des situations inextricables qui suscitent le rire complice du spectateur. 2. La virtuosité verbale et le contrepoint du valet : Cliton, valet terre à terre, commente avec lucidité et ironie les envolées de son maître (« Vous avez donc menti ? »). Le décalage entre les deux personnages renforce le comique. 3. Le suspense comique : Le plaisir du public naît de l'attente du dévoilement : comment Dorante va-t-il se tirer de chaque nouveau piège ? Axe II. Une portée morale et satirique : la critique des apparences 1. La satire sociale et le paraître : À Paris, Dorante ment pour se conformer aux idéaux d'héroïsme guerrier et de galanterie de la société mondaine des années 1640. Le mensonge révèle ainsi la vanité et la superficialité de ces codes. 2. Le conflit des générations et l'honneur : Le faux mariage à Poitiers trompe Géronte et l'humilie. La célèbre tirade « Êtes-vous gentilhomme ? » (acte V) assombrit le rire : le mensonge devient une faute contre l'honneur et la piété filiale. 3. Le désenchantement amoureux : Le menteur finit par n'être plus cru, même quand il dit vrai. Il épouse Lucrèce plutôt que Clarice. Le mensonge a ici des conséquences réelles sur les sentiments et le destin des personnages. Axe III. Une dimension poétique et métathéâtrale : le mensonge comme éloge de l'illusion 1. Dorante, figure du dramaturge : Le menteur n'est pas un imposteur malfaisant mais un poète fabulateur qui réinvente le réel par les mots. Ses récits sont des pièces dans la pièce, et il en tire une fierté d'artiste (« Je disais vérité » / l'art de « bien mentir »). 2. L'apologie de la fiction et de la comédie : Corneille met en abyme son propre art. Le théâtre est, par essence, un mensonge assumé qui charme et instruit à la fois. On peut rapprocher la pièce de *L'Illusion comique*, qui fait l'éloge du théâtre, ou des valets fabulateurs de Molière et de Marivaux, dans le cadre du parcours « Mensonge et comédie ». 3. Une fin ambiguë : Le menteur n'est pas vraiment puni et la pièce se dénoue en mariage. Corneille semble ainsi fasciné par la puissance créatrice de la parole mensongère plutôt que soucieux de la condamner. Conclusion Les mensonges de Dorante sont d'abord une formidable source de rire. Mais ils ne s'y réduisent pas. Ils dénoncent les faux-semblants d'une société du paraître et posent la question morale de l'honneur. Surtout, ils célèbrent le pouvoir de l'imagination et de l'illusion théâtrale. Le rire devient ainsi le moyen d'une réflexion sur la parole et la fiction. Ouverture possible : *Le Jeu de l'amour et du hasard* de Marivaux, où le travestissement mensonger révèle la vérité des cœurs.

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