Exercice 2 - Dissertation 3 · Bac Français (1ère) Amérique du Nord session normale 2026
Thème : Dissertation – Colette, Sido suivi de Les Vrilles de la vigne / parcours : la célébration du monde · Tiré du sujet Session normale (2026)
Énoncé
2 - Dissertation (20 points)
OBJET D'ÉTUDE: Le roman et le récit du Moyen-Âge au XXIe siècle
Le candidat traite au choix, compte tenu de l'œuvre et du parcours étudiés durant l'année, l'un des trois sujets suivants:
Dissertation 3:
Œuvre: Colette [1873-1954], Sido suivi de Les Vrilles de la vigne
Parcours: La célébration du monde
Sujet: Dans Sido, Colette dit que sa mère « tenait pour naturel, voire obligatoire, d'enfanter des miracles ».
Cette expression éclaire-t-elle les œuvres Sido et Les Vrilles de la vigne ?
Vous répondrez à cette question dans un développement organisé. Votre réflexion prendra appui sur les œuvres de Colette au programme, sur le travail mené dans le cadre du parcours associé à ces œuvres et sur votre culture personnelle.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Cette expression (« enfanter des miracles ») éclaire-t-elle les œuvres Sido et Les Vrilles de la vigne ?
Réponse : ### Proposition de plan détaillé et pistes d'analyse #### Introduction - Accroche : Dans *Sido*, Colette rend hommage à sa mère, figure tutélaire dont le regard transforme le quotidien en une fête perpétuelle de la nature et de la vie. - Définition de l'expression : « Enfanter des miracles » est un paradoxe. Le « miracle » (l'extraordinaire, le divin, l'inattendu) devient « naturel, voire obligatoire ». Il s'agit de susciter, révéler ou célébrer la beauté du monde dans ce qu'il a de plus modeste et de plus vivant. - Problématique : En quoi cette formule définit-elle la figure maternelle de Sido, mais aussi l'art poétique de Colette, qui use de l'écriture pour métamorphoser le réel en célébration ? Quelles en sont les limites ? - Annonce du plan : 1. Sido, prêtresse du vivant et créatrice d'émerveillement. 2. L'héritage dans *Les Vrilles de la vigne* : renouveler le miracle au cœur d'une vie adulte plus sombre. 3. L'écriture comme véritable « enfantement de miracles », qui reste lucide sur ses limites. --- #### I. Sido, prêtresse de la nature et créatrice de prodiges 1. Un regard qui sacralise l'ordinaire : Dans le jardin de Saint-Sauveur, Sido voit l'exceptionnel dans une pousse, une chenille, un ciel d'orage ou un oiseau. L'injonction « Regarde ! » fait éclore le miracle. 2. Une maternité féconde : Sido donne la vie et la fait prospérer, aux plantes, aux bêtes et aux enfants. Elle lit le vent et le temps comme une oracle, en accord avec les éléments. 3. Le miracle comme devoir éthique : Tenir l'émerveillement pour « obligatoire », c'est refuser la tiédeur, la mesquinerie du village et le conformisme religieux ou social. #### II. *Les Vrilles de la vigne* : renouveler le miracle 1. Le salut par le chant : Dans le texte éponyme, le rossignol, menacé d'être ligoté par les vrilles pendant son sommeil, chante pour rester éveillé et libre. De même, la narratrice veut changer le piège et la douleur en chant. 2. La célébration sensuelle de la nature : Dans « En baie de Somme » et « Forêt de Crécy » (paysages picards), comme dans les dialogues de Toby-Chien et Kiki-la-Doucette, Colette célèbre le vent marin, la flore et les bêtes avec une précision sensuelle éclatante. 3. La mémoire et l'amour : Même dans la nostalgie ou la rupture (« Le Miroir », « Nuit blanche », « Le Dernier Feu »), le souvenir de l'enfance et l'intimité amoureuse font surgir une fraîcheur miraculeuse qui conjure le temps. #### III. L'écriture, fabrique de miracles, et ses limites 1. La prose poétique comme geste démiurgique : Par les synesthésies, les métaphores végétales, la richesse du lexique et l'attention aux détails minuscules, Colette « enfante » à son tour une beauté neuve. L'écriture prolonge le don maternel. 2. Un miracle conquis sur la mélancolie : Le monde n'est pas exempt de noirceur (divorce, solitude, vieillissement, mort de Sido). « Enfanter des miracles » est un acte de résistance : l'artiste choisit de célébrer malgré la douleur. Dans *Les Vrilles*, le miracle est moins « naturel » que chez Sido ; il est plus fragile et conquis. 3. Les limites de la formule : La formule a une part d'idéalisation : la mère est mythifiée par la mémoire. Le miracle tient aussi à un travail patient du regard et du style, pas seulement à un don. On peut l'ouvrir au parcours « La célébration du monde » : Ponge, *Le Parti pris des choses*, ou Giono, avec qui l'écriture rend le monde sacré. #### Conclusion - Bilan : L'expression éclaire bien les deux œuvres. Elle dit le génie maternel de *Sido* et fonde l'éthique et l'esthétique de Colette dans *Les Vrilles de la vigne*. Le miracle y devient plus intime, plus fragile et plus volontaire. - Ouverture : L'écriture apparaît ainsi comme la forme adulte de l'héritage de Sido : transmettre au lecteur l'injonction « Regarde ! ».
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