Abitur Bremen Französisch 2025 · LK · Blaise, L.: En Tunisie, une start-up produit de l’alimentation animale avec des larves de mouches.

Aufgabe Französisch aus dem IQB-Pool 2025, LK · Blaise, L.: En Tunisie, une start-up produit de l’alimentation animale avec des larves de mouches.: 3…

Themen der Aufgabe: Textverständnis: Inhalte wiedergeben (Présentez / Résumez) · Analyse nicht-literarischer Texte und Dokumentvergleich (Analysez / Mettez en rapport) · Stellungnahme und Erörterung (Commentez / Discutez / Prenez position) · Adressatenbezogenes Schreiben: Blog, Rede, Brief, Bewerbung

Aufgabe 1

Material

document 1:

En Tunisie, une start-up produit de l’alimentation animale avec des larves de mouches (2020)

Par Lilia Blaise

En plein confinement 1, NextProtein a réussi une levée de fonds 2 de 10,2 millions d’euros pour élever des « mouches soldats » à l’échelle industrielle 3.

Des milliers de larves grouillent sur une purée de fruits et de légumes. Demain, ils formeront des bataillons de « mouches soldats » que Mohamed Gastli et son épouse Syrine Chaalada réduiront en poudre protéinée pour les fabricants de croquettes pour chiens ou de farines pour poissons.

Dans la zone agricole de Grombalia, à une quarantaine de kilomètres au sud de Tunis la start-up NextProtein, invente la protéine du XXII e siècle. Celle qui nourrira une humanité flirtant bientôt avec les 10 milliards d’habitants. L’enjeu est de taille 4 et Syrine Chaalala, ancienne de l’Organisation mondiale de l’agriculture (FAO) et cofondatrice de NextProtein a très tôt pressenti pour cela le potentiel des insectes.

La pandémie mondiale de Covid-19 l’a encore confortée dans son intuition puisque l’entreprise qu’elle a lancée avec son mari suscite un regain d’intérêt depuis le confinement, « la crise ayant convaincu des investisseurs de la nécessité d’investir dans des sociétés qui répondent à des besoins de base et ont un impact positif sur l’environnement », observe Mohamed Gastli, le chimiste de l’entreprise. En plein confinement donc, NextProtein a réussi une levée de fonds de 10,2 millions d’euros pour produire des mouches soldats à l’échelle industrielle.

C’est lors d’une mission à Madagascar que Syrine Chaalala, alors chargée de mission pour la FAO, a le déclic 5. En observant une invasion de criquets 6 dans un champ, il devient évident pour elle que l’insecte est la nourriture idéale pour les animaux. D’où l’idée de « produire une alternative à des sources de protéines non durables et la proposer à un prix compétitif », explique-t-elle.

Le couple commence donc ses expérimentations avec des bacs en plastique et quelques mouches installées sous une toile de tente. Rapidement, le choix de l’insecte se porte sur la « mouche soldat » qui ne transmet pas de zoonoses (maladies et infections transmises par les animaux) et est très adaptée aux conditions climatiques tunisiennes. Leur petite entreprise, NextProtein, voit le jour en 2013, avant de faire de belles levées de fonds qui lui permettent de monter rapidement en puissance et de se positionner comme un produit d’avenir pour les plus visionnaires.

Il faut dire que 100 mètres carrés de mouches produisent la même quantité de protéines que 100 hectares de soja – la protéine végétale la plus utilisée en nourriture animale –, et ce n’est pas rien à l’heure de la pénurie de terres agricoles 7 et où l’agriculture non durable suscite de grandes inquiétudes pour la planète. Leurs protéines d’insectes consomment beaucoup moins d’eau et d’énergie que l’agriculture conventionnelle et, pour parfaire encore un peu l’inscription de cet élevage dans un cycle vertueux 8, le couple nourrit ses larves de fruits et légumes invendus. Car, comme le rappelle Mohamed Gastli, « notre action se voulait aussi écologique dès le début ».

Non contents de produire une protéine d’avenir, Syrine et Mohamed qui continuent d’affiner leurs savoir-faire, arrivent désormais aussi à récupérer les déjections 9 des larves qu’ils transforment en fertilisant naturel pour un autre projet, baptisé NextGrow. Et comme vraiment rien ne doit se perdre, des larves est encore extraite une huile naturelle qui est aussi commercialisée sous le nom de NextOil. « Là aussi tout était à créer, rappelle Syrine Chaalala. Il n’existait pas de presse-huile dans le monde pour les larves. Il a fallu adapter des machines. » Désormais, leur engrais est reconnu et même certifié bio.

Si l’entomophagie – la consommation d’insectes par l’être humain – crée encore beaucoup de réticences 10, même au niveau de la législation, la mutation 11 de l’industrie agroalimentaire vers l’utilisation d’insectes, commence, elle, à être bien acceptée. Mohamed et Syrine font partie de l’International Platform of Insects for Food and Feed (IPIFF) qui fait du lobbying pour faire progresser la législation européenne.

Pour le moment, leur usage pour l’alimentation de l’aquaculture 12 et de la volaille 13 est autorisé dans quelques pays. Il deviendra un enjeu 14 dans les années à venir avec le réchauffement climatique et la nécessité de nourrir les animaux d’élevage et domestiques.

685 mots

Blaise, L. (2020). En Tunisie, une start-up produit de l’alimentation animale avec des larves de mouches. Le Monde. 25 juin 2020.

1 le confinement – hier: der Lockdown

2 la levée de fonds (m. pl.) – dt. die Kapitalbeschaffung

3 à l'échelle (f.) industrielle – dt. in industriellem Maßstab

4 l'enjeu (m.) est de taille (f.) – la tâche est énorme

5 le déclic – dt. der Aha-Effekt

6 le criquet – dt. die Heuschrecke

7 la pénurie de terres (f. pl.) agricoles – dt. die Knappheit der landwirtschaftlichen Nutzflächen

8 le cycle vertueux – une chaîne d’actions positives dont l’effet est jugé souhaitable, le contraire du cercle vicieux

9 les déjections (f. pl) – dt. die Ausscheidungen

10 la réticence – l’hésitation (f.), la résistance

11 la mutation – ici: le changement

12 l’aquaculture (f.) – l’élevage (m.) de poissons (m. pl.)

13 la volaille – dt. das Geflügel

14 l’enjeu (m.) – le défi, le challenge

document 2:

Für die Abbildung konnten keine Nutzungsrechte erworben werden.

Torgemen, E. (2019). https://www.leparisien.fr/environnement/pourquoi-il-faut-manger-moins-de-viande-18-09-2019-8154270.php

1

Présentez la start-up NextProtein. [30 %]

Aufgabe 2

Material

document 1:

En Tunisie, une start-up produit de l’alimentation animale avec des larves de mouches (2020)

Par Lilia Blaise

En plein confinement 1, NextProtein a réussi une levée de fonds 2 de 10,2 millions d’euros pour élever des « mouches soldats » à l’échelle industrielle 3.

Des milliers de larves grouillent sur une purée de fruits et de légumes. Demain, ils formeront des bataillons de « mouches soldats » que Mohamed Gastli et son épouse Syrine Chaalada réduiront en poudre protéinée pour les fabricants de croquettes pour chiens ou de farines pour poissons.

Dans la zone agricole de Grombalia, à une quarantaine de kilomètres au sud de Tunis la start-up NextProtein, invente la protéine du XXII e siècle. Celle qui nourrira une humanité flirtant bientôt avec les 10 milliards d’habitants. L’enjeu est de taille 4 et Syrine Chaalala, ancienne de l’Organisation mondiale de l’agriculture (FAO) et cofondatrice de NextProtein a très tôt pressenti pour cela le potentiel des insectes.

La pandémie mondiale de Covid-19 l’a encore confortée dans son intuition puisque l’entreprise qu’elle a lancée avec son mari suscite un regain d’intérêt depuis le confinement, « la crise ayant convaincu des investisseurs de la nécessité d’investir dans des sociétés qui répondent à des besoins de base et ont un impact positif sur l’environnement », observe Mohamed Gastli, le chimiste de l’entreprise. En plein confinement donc, NextProtein a réussi une levée de fonds de 10,2 millions d’euros pour produire des mouches soldats à l’échelle industrielle.

C’est lors d’une mission à Madagascar que Syrine Chaalala, alors chargée de mission pour la FAO, a le déclic 5. En observant une invasion de criquets 6 dans un champ, il devient évident pour elle que l’insecte est la nourriture idéale pour les animaux. D’où l’idée de « produire une alternative à des sources de protéines non durables et la proposer à un prix compétitif », explique-t-elle.

Le couple commence donc ses expérimentations avec des bacs en plastique et quelques mouches installées sous une toile de tente. Rapidement, le choix de l’insecte se porte sur la « mouche soldat » qui ne transmet pas de zoonoses (maladies et infections transmises par les animaux) et est très adaptée aux conditions climatiques tunisiennes. Leur petite entreprise, NextProtein, voit le jour en 2013, avant de faire de belles levées de fonds qui lui permettent de monter rapidement en puissance et de se positionner comme un produit d’avenir pour les plus visionnaires.

Il faut dire que 100 mètres carrés de mouches produisent la même quantité de protéines que 100 hectares de soja – la protéine végétale la plus utilisée en nourriture animale –, et ce n’est pas rien à l’heure de la pénurie de terres agricoles 7 et où l’agriculture non durable suscite de grandes inquiétudes pour la planète. Leurs protéines d’insectes consomment beaucoup moins d’eau et d’énergie que l’agriculture conventionnelle et, pour parfaire encore un peu l’inscription de cet élevage dans un cycle vertueux 8, le couple nourrit ses larves de fruits et légumes invendus. Car, comme le rappelle Mohamed Gastli, « notre action se voulait aussi écologique dès le début ».

Non contents de produire une protéine d’avenir, Syrine et Mohamed qui continuent d’affiner leurs savoir-faire, arrivent désormais aussi à récupérer les déjections 9 des larves qu’ils transforment en fertilisant naturel pour un autre projet, baptisé NextGrow. Et comme vraiment rien ne doit se perdre, des larves est encore extraite une huile naturelle qui est aussi commercialisée sous le nom de NextOil. « Là aussi tout était à créer, rappelle Syrine Chaalala. Il n’existait pas de presse-huile dans le monde pour les larves. Il a fallu adapter des machines. » Désormais, leur engrais est reconnu et même certifié bio.

Si l’entomophagie – la consommation d’insectes par l’être humain – crée encore beaucoup de réticences 10, même au niveau de la législation, la mutation 11 de l’industrie agroalimentaire vers l’utilisation d’insectes, commence, elle, à être bien acceptée. Mohamed et Syrine font partie de l’International Platform of Insects for Food and Feed (IPIFF) qui fait du lobbying pour faire progresser la législation européenne.

Pour le moment, leur usage pour l’alimentation de l’aquaculture 12 et de la volaille 13 est autorisé dans quelques pays. Il deviendra un enjeu 14 dans les années à venir avec le réchauffement climatique et la nécessité de nourrir les animaux d’élevage et domestiques.

685 mots

Blaise, L. (2020). En Tunisie, une start-up produit de l’alimentation animale avec des larves de mouches. Le Monde. 25 juin 2020.

1 le confinement – hier: der Lockdown

2 la levée de fonds (m. pl.) – dt. die Kapitalbeschaffung

3 à l'échelle (f.) industrielle – dt. in industriellem Maßstab

4 l'enjeu (m.) est de taille (f.) – la tâche est énorme

5 le déclic – dt. der Aha-Effekt

6 le criquet – dt. die Heuschrecke

7 la pénurie de terres (f. pl.) agricoles – dt. die Knappheit der landwirtschaftlichen Nutzflächen

8 le cycle vertueux – une chaîne d’actions positives dont l’effet est jugé souhaitable, le contraire du cercle vicieux

9 les déjections (f. pl) – dt. die Ausscheidungen

10 la réticence – l’hésitation (f.), la résistance

11 la mutation – ici: le changement

12 l’aquaculture (f.) – l’élevage (m.) de poissons (m. pl.)

13 la volaille – dt. das Geflügel

14 l’enjeu (m.) – le défi, le challenge

document 2:

Für die Abbildung konnten keine Nutzungsrechte erworben werden.

Torgemen, E. (2019). https://www.leparisien.fr/environnement/pourquoi-il-faut-manger-moins-de-viande-18-09-2019-8154270.php

2

Mettez en rapport l'infographie (doc. 2) avec l'article (doc. 1) en tenant compte des moyens stylistiques et des aspects graphiques. [40 %]

Aufgabe 3.1

Material

document 1:

En Tunisie, une start-up produit de l’alimentation animale avec des larves de mouches (2020)

Par Lilia Blaise

En plein confinement 1, NextProtein a réussi une levée de fonds 2 de 10,2 millions d’euros pour élever des « mouches soldats » à l’échelle industrielle 3.

Des milliers de larves grouillent sur une purée de fruits et de légumes. Demain, ils formeront des bataillons de « mouches soldats » que Mohamed Gastli et son épouse Syrine Chaalada réduiront en poudre protéinée pour les fabricants de croquettes pour chiens ou de farines pour poissons.

Dans la zone agricole de Grombalia, à une quarantaine de kilomètres au sud de Tunis la start-up NextProtein, invente la protéine du XXII e siècle. Celle qui nourrira une humanité flirtant bientôt avec les 10 milliards d’habitants. L’enjeu est de taille 4 et Syrine Chaalala, ancienne de l’Organisation mondiale de l’agriculture (FAO) et cofondatrice de NextProtein a très tôt pressenti pour cela le potentiel des insectes.

La pandémie mondiale de Covid-19 l’a encore confortée dans son intuition puisque l’entreprise qu’elle a lancée avec son mari suscite un regain d’intérêt depuis le confinement, « la crise ayant convaincu des investisseurs de la nécessité d’investir dans des sociétés qui répondent à des besoins de base et ont un impact positif sur l’environnement », observe Mohamed Gastli, le chimiste de l’entreprise. En plein confinement donc, NextProtein a réussi une levée de fonds de 10,2 millions d’euros pour produire des mouches soldats à l’échelle industrielle.

C’est lors d’une mission à Madagascar que Syrine Chaalala, alors chargée de mission pour la FAO, a le déclic 5. En observant une invasion de criquets 6 dans un champ, il devient évident pour elle que l’insecte est la nourriture idéale pour les animaux. D’où l’idée de « produire une alternative à des sources de protéines non durables et la proposer à un prix compétitif », explique-t-elle.

Le couple commence donc ses expérimentations avec des bacs en plastique et quelques mouches installées sous une toile de tente. Rapidement, le choix de l’insecte se porte sur la « mouche soldat » qui ne transmet pas de zoonoses (maladies et infections transmises par les animaux) et est très adaptée aux conditions climatiques tunisiennes. Leur petite entreprise, NextProtein, voit le jour en 2013, avant de faire de belles levées de fonds qui lui permettent de monter rapidement en puissance et de se positionner comme un produit d’avenir pour les plus visionnaires.

Il faut dire que 100 mètres carrés de mouches produisent la même quantité de protéines que 100 hectares de soja – la protéine végétale la plus utilisée en nourriture animale –, et ce n’est pas rien à l’heure de la pénurie de terres agricoles 7 et où l’agriculture non durable suscite de grandes inquiétudes pour la planète. Leurs protéines d’insectes consomment beaucoup moins d’eau et d’énergie que l’agriculture conventionnelle et, pour parfaire encore un peu l’inscription de cet élevage dans un cycle vertueux 8, le couple nourrit ses larves de fruits et légumes invendus. Car, comme le rappelle Mohamed Gastli, « notre action se voulait aussi écologique dès le début ».

Non contents de produire une protéine d’avenir, Syrine et Mohamed qui continuent d’affiner leurs savoir-faire, arrivent désormais aussi à récupérer les déjections 9 des larves qu’ils transforment en fertilisant naturel pour un autre projet, baptisé NextGrow. Et comme vraiment rien ne doit se perdre, des larves est encore extraite une huile naturelle qui est aussi commercialisée sous le nom de NextOil. « Là aussi tout était à créer, rappelle Syrine Chaalala. Il n’existait pas de presse-huile dans le monde pour les larves. Il a fallu adapter des machines. » Désormais, leur engrais est reconnu et même certifié bio.

Si l’entomophagie – la consommation d’insectes par l’être humain – crée encore beaucoup de réticences 10, même au niveau de la législation, la mutation 11 de l’industrie agroalimentaire vers l’utilisation d’insectes, commence, elle, à être bien acceptée. Mohamed et Syrine font partie de l’International Platform of Insects for Food and Feed (IPIFF) qui fait du lobbying pour faire progresser la législation européenne.

Pour le moment, leur usage pour l’alimentation de l’aquaculture 12 et de la volaille 13 est autorisé dans quelques pays. Il deviendra un enjeu 14 dans les années à venir avec le réchauffement climatique et la nécessité de nourrir les animaux d’élevage et domestiques.

685 mots

Blaise, L. (2020). En Tunisie, une start-up produit de l’alimentation animale avec des larves de mouches. Le Monde. 25 juin 2020.

1 le confinement – hier: der Lockdown

2 la levée de fonds (m. pl.) – dt. die Kapitalbeschaffung

3 à l'échelle (f.) industrielle – dt. in industriellem Maßstab

4 l'enjeu (m.) est de taille (f.) – la tâche est énorme

5 le déclic – dt. der Aha-Effekt

6 le criquet – dt. die Heuschrecke

7 la pénurie de terres (f. pl.) agricoles – dt. die Knappheit der landwirtschaftlichen Nutzflächen

8 le cycle vertueux – une chaîne d’actions positives dont l’effet est jugé souhaitable, le contraire du cercle vicieux

9 les déjections (f. pl) – dt. die Ausscheidungen

10 la réticence – l’hésitation (f.), la résistance

11 la mutation – ici: le changement

12 l’aquaculture (f.) – l’élevage (m.) de poissons (m. pl.)

13 la volaille – dt. das Geflügel

14 l’enjeu (m.) – le défi, le challenge

document 2:

Für die Abbildung konnten keine Nutzungsrechte erworben werden.

Torgemen, E. (2019). https://www.leparisien.fr/environnement/pourquoi-il-faut-manger-moins-de-viande-18-09-2019-8154270.php

Au choix

3.1

Le mode de vie des véganes, une réponse à nos problèmes actuels ? Prenez position et justifiez votre opinion. [30 %]

Aufgabe 3.2

Material

document 1:

En Tunisie, une start-up produit de l’alimentation animale avec des larves de mouches (2020)

Par Lilia Blaise

En plein confinement 1, NextProtein a réussi une levée de fonds 2 de 10,2 millions d’euros pour élever des « mouches soldats » à l’échelle industrielle 3.

Des milliers de larves grouillent sur une purée de fruits et de légumes. Demain, ils formeront des bataillons de « mouches soldats » que Mohamed Gastli et son épouse Syrine Chaalada réduiront en poudre protéinée pour les fabricants de croquettes pour chiens ou de farines pour poissons.

Dans la zone agricole de Grombalia, à une quarantaine de kilomètres au sud de Tunis la start-up NextProtein, invente la protéine du XXII e siècle. Celle qui nourrira une humanité flirtant bientôt avec les 10 milliards d’habitants. L’enjeu est de taille 4 et Syrine Chaalala, ancienne de l’Organisation mondiale de l’agriculture (FAO) et cofondatrice de NextProtein a très tôt pressenti pour cela le potentiel des insectes.

La pandémie mondiale de Covid-19 l’a encore confortée dans son intuition puisque l’entreprise qu’elle a lancée avec son mari suscite un regain d’intérêt depuis le confinement, « la crise ayant convaincu des investisseurs de la nécessité d’investir dans des sociétés qui répondent à des besoins de base et ont un impact positif sur l’environnement », observe Mohamed Gastli, le chimiste de l’entreprise. En plein confinement donc, NextProtein a réussi une levée de fonds de 10,2 millions d’euros pour produire des mouches soldats à l’échelle industrielle.

C’est lors d’une mission à Madagascar que Syrine Chaalala, alors chargée de mission pour la FAO, a le déclic 5. En observant une invasion de criquets 6 dans un champ, il devient évident pour elle que l’insecte est la nourriture idéale pour les animaux. D’où l’idée de « produire une alternative à des sources de protéines non durables et la proposer à un prix compétitif », explique-t-elle.

Le couple commence donc ses expérimentations avec des bacs en plastique et quelques mouches installées sous une toile de tente. Rapidement, le choix de l’insecte se porte sur la « mouche soldat » qui ne transmet pas de zoonoses (maladies et infections transmises par les animaux) et est très adaptée aux conditions climatiques tunisiennes. Leur petite entreprise, NextProtein, voit le jour en 2013, avant de faire de belles levées de fonds qui lui permettent de monter rapidement en puissance et de se positionner comme un produit d’avenir pour les plus visionnaires.

Il faut dire que 100 mètres carrés de mouches produisent la même quantité de protéines que 100 hectares de soja – la protéine végétale la plus utilisée en nourriture animale –, et ce n’est pas rien à l’heure de la pénurie de terres agricoles 7 et où l’agriculture non durable suscite de grandes inquiétudes pour la planète. Leurs protéines d’insectes consomment beaucoup moins d’eau et d’énergie que l’agriculture conventionnelle et, pour parfaire encore un peu l’inscription de cet élevage dans un cycle vertueux 8, le couple nourrit ses larves de fruits et légumes invendus. Car, comme le rappelle Mohamed Gastli, « notre action se voulait aussi écologique dès le début ».

Non contents de produire une protéine d’avenir, Syrine et Mohamed qui continuent d’affiner leurs savoir-faire, arrivent désormais aussi à récupérer les déjections 9 des larves qu’ils transforment en fertilisant naturel pour un autre projet, baptisé NextGrow. Et comme vraiment rien ne doit se perdre, des larves est encore extraite une huile naturelle qui est aussi commercialisée sous le nom de NextOil. « Là aussi tout était à créer, rappelle Syrine Chaalala. Il n’existait pas de presse-huile dans le monde pour les larves. Il a fallu adapter des machines. » Désormais, leur engrais est reconnu et même certifié bio.

Si l’entomophagie – la consommation d’insectes par l’être humain – crée encore beaucoup de réticences 10, même au niveau de la législation, la mutation 11 de l’industrie agroalimentaire vers l’utilisation d’insectes, commence, elle, à être bien acceptée. Mohamed et Syrine font partie de l’International Platform of Insects for Food and Feed (IPIFF) qui fait du lobbying pour faire progresser la législation européenne.

Pour le moment, leur usage pour l’alimentation de l’aquaculture 12 et de la volaille 13 est autorisé dans quelques pays. Il deviendra un enjeu 14 dans les années à venir avec le réchauffement climatique et la nécessité de nourrir les animaux d’élevage et domestiques.

685 mots

Blaise, L. (2020). En Tunisie, une start-up produit de l’alimentation animale avec des larves de mouches. Le Monde. 25 juin 2020.

1 le confinement – hier: der Lockdown

2 la levée de fonds (m. pl.) – dt. die Kapitalbeschaffung

3 à l'échelle (f.) industrielle – dt. in industriellem Maßstab

4 l'enjeu (m.) est de taille (f.) – la tâche est énorme

5 le déclic – dt. der Aha-Effekt

6 le criquet – dt. die Heuschrecke

7 la pénurie de terres (f. pl.) agricoles – dt. die Knappheit der landwirtschaftlichen Nutzflächen

8 le cycle vertueux – une chaîne d’actions positives dont l’effet est jugé souhaitable, le contraire du cercle vicieux

9 les déjections (f. pl) – dt. die Ausscheidungen

10 la réticence – l’hésitation (f.), la résistance

11 la mutation – ici: le changement

12 l’aquaculture (f.) – l’élevage (m.) de poissons (m. pl.)

13 la volaille – dt. das Geflügel

14 l’enjeu (m.) – le défi, le challenge

document 2:

Für die Abbildung konnten keine Nutzungsrechte erworben werden.

Torgemen, E. (2019). https://www.leparisien.fr/environnement/pourquoi-il-faut-manger-moins-de-viande-18-09-2019-8154270.php

Au choix

3.2

Pour le blog « Pour sauver la planète, mangez des insectes ! », vous exprimez votre point de vue quant à cette forme d'alimentation.

Écrivez cet article de blog. [30 %]

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